Chirurgie veineuse mini-invasive : de la chirurgie cardiovasculaire aux techniques ambulatoires innovantes
Comme l’indique mon cursus professionnel, ma formation originelle en chirurgie cardiovasculaire (cœur et artères), n’excluait pas la chirurgie des veines, laquelle dans les années 80-90 concernait essentiellement les varices des membres inférieurs.
L’opération de référence en ce domaine, appelée « stripping », très traumatisante et hémorragique, aux suites souvent douloureuses, justifiaient plusieurs jours d’hospitalisation et le port prolongé d’un bandage en post-opératoire. C’est par réaction contre ce type d’approche qui contrastait trop avec l’élégance des opérations cardiaques et artérielles que je faisais par ailleurs, que je devins l’un des principaux pionniers en France d’une autre chirurgie veineuse, à la fois ambulatoire et mini-invasive, recourant à d’autres méthodes, avec une publication sur ce thème dés 1991 et une autre sur plus 1222 cas en 1994 qui fit date.
Je fus également l’auteur de la première publication en France du traitement des veines saphènes, principales pourvoyeuses de varices, par laser endo-veineux (2001).
Plus d'informations
- Médiatisation et premières demandes de traitement esthétique des veines des mains
- Le déclic : vers une chirurgie des veines gonflées disgracieuses non pathologiques
- 25 ans d’expérience en chirurgie des veines disgracieuses : perfectionnement et expertise
- Une discipline rare en Europe et en Amérique du Nord : une pratique pionnière et régulière
Médiatisation et premières demandes de traitement esthétique des veines des mains
Cette activité me valut d’être à l’époque souvent médiatisé (télévision*, radios, articles grand public) pour ce qui concerne la chirurgie veineuse. C’est dans ce cadre qu’est survenu un évènement que je n’avais absolument pas prévu ni même imaginé : une patiente vint me consulter fin 1999 pour les veines de ses mains : « on dirait celles d’un homme Dr, c’est laid, pourriez-vous me les enlever ? ».
Je répondis que c’était à priori possible mais que je ne l’avais jamais fait et que de toute façon je n’allais pas le faire car ces veines étaient certes disgracieuses, mais parfaitement fonctionnelles, tandis que je n'opérais que des veines malades qui n’effectuaient plus leur travail normal de drainage, comme les veines saphènes des membres inférieurs quand elles sont la source de varices.
D’autres demandes similaires suivirent pour lesquelles mon discours restait inchangé.
Le déclic : vers une chirurgie des veines gonflées disgracieuses non pathologiques
Le déclic vint peu après : fin 2000, l’épouse d’un de mes bons amis, jolie femme mais très mince, sans beaucoup de tissu gras, me demanda de lui enlever ses saphènes internes qui chez elle apparaissaient en relief sur ses jambes, des pieds jusqu’à l’aine, quand elle était en maillot de bain ou en short l’été.
Au contrôle échodoppler les deux veines en question étaient légèrement dilatées mais globalement saines. Je lui ai dit « non, car tes saphènes fonctionnent bien ». Elle revint à la charge deux fois de suite. Finalement, en précisant que c'était contre mon éthique, je cédais à sa demande et l’opérais : elle fut ravie du résultat très au-delà de ce que j’anticipais, véritablement radieuse ! Ce fut pour moi un choc révélateur.
Formater pour n’opérer que ce qui est pathologique, je n’avais pas le souci constant du plasticien qui tient compte du bien être psychologique des personnes qu’il traite. Comprenant que j’avais tort j’ai dès lors commencé à dire « oui » là ou avant je disais « non », et à m’intéresser, au cours de l’année 2001, à cette chirurgie ambulatoire si particulière des veines gonflées disgracieuses situées ailleurs qu’aux membres inférieurs.
Il n’y avait à l’époque à ce sujet précis aucune référence technique sur laquelle je puisse m’appuyer. J’en fis donc l’apprentissage seul.
25 ans d’expérience en chirurgie des veines disgracieuses : perfectionnement et expertise
Je n’ai jamais fait grand cas de cette activité, alimentée par un buzz limité à ma patientèle et à l’origine de seulement quelques opérations par an (moins d’une dizaine).
Vingt-cinq années de pratique m’ont néanmoins conduit à approfondir ma connaissance en ce domaine, à corriger certaines de mes erreurs, à parfaire la technique et à améliorer les résultats.
Une discipline rare en Europe et en Amérique du Nord : une pratique pionnière et régulière
J’ai toujours pensé que d’autres chirurgiens avaient été conduits comme moi-même à opérer ces veines disgracieuses.
Il semble, à ma grande surprise, que nous sommes très peu d’opérateurs à avoir abordé cette discipline très spéciale.
Peut-être même serais-je actuellement le plus ancien et semble-t-il le seul à la pratiquer régulièrement, pour le moins, au sein de la Communauté Européenne.
