Trajet de l'artère temporale superficielle (ATS) à droite comme à gauche
Il est d’abord profond, l'ATS naissant derrière le col de la mandibule, dans l’épaisseur de la parotide (la plus volumineuse des glandes salivaires). Elle lui donne un rameau et juste après l’artère transverse de la face qui irrigue une partie des muscles et de la peau des joues. Elle passe alors derrière l’articulation de la mandibule (perçue au doigt devant l'oreille), croise l’arcade zygomatique (pont osseux entre l’os zygomatique qui forme en avant les pommettes et l’os temporal en arrière) et 3 à 5 cm au-dessus de celle-ci devient sous-cutanée. C’est à partir de ce niveau, à mi-hauteur de l’oreille et en avant de celle-ci, qu’on peut percevoir avec le doigt son pouls. Son trajet ascendant donne ensuite deux branches, une pour le muscle temporal , une autre pour le muscle de la paupière. Plus haut encore elle se divise en deux branches terminales : un rameau antérieur frontal qui participe à la vascularisation des tissus du front et des arcades supra-orbitaires et un rameau postérieur pariétal qui irrigue la peau du crâne en avant et sur les côtés. Elle communique avec de nombreuses autres artères de la face et du crâne, qui peuvent suppléer à son apport sanguin en cas de déficit et vice-versa. Le segment opérable pour raison purement esthétique, sans risque de lésion nerveuse ou autre, ne doit concerner que la partie toute finale de son trajet ascendant qui commence sur la tempe 2 à 3 cms au-delà du cuir chevelu et inclut ses branches terminales. Le trajet sous-jacent de l'ATS proche du nerf auriculo-temporal et qui distribue les branches artérielles précitées, doit être absolument respecté.
Cas où cette artère peut être utilisée en chirurgie
- 1. Cette artère peut être utilisée par les neurochirurgiens chez les personnes porteuses d'anévrysmes intracrâniens dits « géants ». On estime qu’environ 4% de la population générale est porteuse d’un anévrysme au niveau d’une artère cérébrale, dont 10% à 15% (dilatation > 7mm) sont ou seront l’objet d’une rupture, entrainant un décès ou des séquelles neurologiques, ou rien de grave dans 20% des cas. Le traitement préventif qui supprime ces "petits" anévrysmes ne réclame pas l’utilisation de l’ATS. Les anévrysmes « géants » (dilatation égale ou > à 25mm) ne représentent que 5% de tous les anévrysmes intracrâniens. Leur probabilité de rupture mortelle est élevée. L’opération préventive (à haut risque) consiste à exclure l’anévrysme ainsi que temporairement certaines artères qui irriguent le cerveau. L’ATS est alors utilisée ( sous la forme d'un pontage) pour assurer une suppléance qui maintient le cerveau irrigué.
- 2. Cette artère peut également être utilisée par les plasticiens pour réparer des préjudices esthétiques sévères et/ou graves de la face (traumatismes majeurs, ablation large de tumeurs, brûlures étendues, déformations congénitales etc.). Dans ce cadre l’ATS permet l’irrigation de lambeaux cutanés qui couvrent les zones défigurées.
- 3. Le Moyamoya (« nuage de fumée » en japonais) est une maladie rare des vaisseaux cérébraux dû à un rétrécissement ou à une fermeture lentement progressive de l'artère carotide au cou et de ses principales branches. Elle touche les enfants et les adultes jeunes (<40 ans). L’ATS dans ce cadre peut servir de pont entre la carotide saine (sous son obstacle) et les artères du cerveau.
Cas où cette artère est inflammatoire
La maladie de Horton est une inflammation de la paroi des artères de gros et moyen calibre, d’origine inconnue, qui touche en majorité les plus de 50 ans (70 ans en moyenne) et davantage les femmes que les hommes. L’ATS est indurée à la palpation Elle s’accompagne d’une grande variété possible de symptômes dont les plus fréquents sont des maux de tête localisés aux tempes, une grande fatigue, une perte de poids, de la fièvre, des sueurs nocturnes. Une douleur à la mastication, pas toujours présente, est caractéristique.
Sans traitement urgent cette maladie peut conduire à des complications graves : cécité, AVC, voire même décès. La corticothérapie au long cours (prednisone) la normalise très vite et protège les personnes atteintes de ses complications. Une biopsie prélevant trois centimètres de l’artère au niveau d’une tempe confirme le diagnostic en montrant la présence anormale dans la paroi artérielle de cellules géantes qui sont la signature tissulaire de cette maladie.
