Quel est le mode de progression de la maladie variqueuse, progressif, par poussées ?
Une fois déclarée, la maladie variqueuse évolue le plus souvent par poussées et non de façon continue, du moins en apparence. En effet, l’installation des symptômes est volontiers rapide, voire soudaine, dominée par des douleurs et/ou des modifications plus ou moins disgracieuses des veines habituellement visibles.
La détérioration veineuse en vérité est un phénomène qui s’accomplit progressivement et sans bruit. On pourrait le comparer au remplissage lent et continu d’un verre d’eau, jusqu’au débordement, qui survient de façon inattendue et plus ou moins brutale.
Les traitements peuvent améliorer l’état veineux, faire disparaitre les symptômes gênants, les désordres esthétiques et retarder cette évolution : nous les détaillons dans les rubriques » Soins en phlébologie » et » L’heure de la chirurgie ». Mais on ne sait pas supprimer totalement le processus dégénératif veineux dès lors qu’il s’est enclenché.
Quels sont les symptômes habituels de la maladie ?
A son stade le plus initial, la maladie variqueuse se manifeste de façon très variable :
- par l’apparition de varicosités au niveau de la peau, de varices sous la peau ou les deux,
- ailleurs par des douleurs circulatoires.
Ces symptômes peuvent être isolés ou associés à des degrés divers.
Les varicosités
Les varicosités (ou télangiectasies en langage médical) sont des dilatations très fines (0,3 à 1 mm de diamètre) des veines de la peau. Elles ont la particularité d’être colorées en bleue, rouge, ou pourpre, de former des nappes, des étoiles et des trajets divers plus ou moins disgracieux. Leur préjudice est avant tout esthétique.
Les varices
Les varices, désordre le plus caractéristique, sont des dilatations des veines situées sous la peau. Outre leur aspect vilain elles peuvent être sources de gêne importante ou de complications : bref elles ont un impact » santé « .
Les douleurs circulatoires
Elles sont aussi très fréquentes. Elles se manifestent principalement le soir, presque jamais le matin au lever ou dans les heures qui suivent , sous forme de lourdeurs, de picotements, de démangeaisons voire de crampes nocturnes.

Qu’est-ce qui provoque des douleurs circulatoires de type veineux ?
Les douleurs ne sont pas constantes : 50 % des patients porteurs de signes cliniques objectifs, n’ont pas de douleurs et inversement 50 % des malades qui souffrent de douleurs n’ont pas de signes visibles sur leurs jambes.
Les douleurs le long des tuyaux veineux sont dues à une distension qui stimulerait les terminaisons nerveuses de la paroi. L’absence de douleur en cas de maladie évoluée (grosse dilatation variqueuse par exemple) signifierait que les récepteurs nerveux ne réagiraient plus à cette distension, la paroi veineuse étant trop abîmée.
Une théorie récente stipule que les remaniements dont la paroi veineuse est l’objet lorsqu’elle est atteinte par ces processus, s’accompagne de la libération dans la circulation, de médiateurs chimiques inflammatoires ; ces derniers seraient à l’origine de douleurs dont certaines personnes se plaignent, diffuses, souvent mal localisées le long du membre, mais tout à fait réelles.
Certaines douleurs peuvent être aussi d’origine tissulaire, consécutives à l’atteinte de la microcirculation veineuse ; ces douleurs sont dues à la privation d’oxygène dont sont victimes (à un stade avancé) les cellules de la peau et du tissu sous-cutané et à l’inflammation locale. Elles expriment, après la souffrance de la paroi veineuse, celle des tissus que les veines drainent notamment aux chevilles, zones les plus déclives.
Y-a-t-il dans la maladie variqueuse des risques de complications aiguës ?
Certaines varices sont tellement dilatées qu’elles forment des bulles sous la peau. A l’occasion d’un traumatisme elles peuvent éclater et provoquer une hémorragie locale (dans cette circonstance et dans l’immédiat, il suffit de comprimer une dizaine de minutes la zone qui saigne avec un linge propre pour que le saignement s’arrête)
Les varices augmentent le risque de phlébite superficielle. Phlébite signifie inflammation de la paroi veineuse à laquelle s’ajoute la présence d’un caillot de sang qui obture un segment plus ou moins important du vaisseau malade. Superficielle rappelle que c’est une veine de surface qui est atteinte, circonstance moins sérieuse que l’atteinte d’une veine profonde, mais qui ne doit pas être pour autant négligée.
Cette phlébite se manifeste par une douleur locale avec un trajet veineux gonflé, rouge, chaud, en général visible et sensible à la palpation. Devant ces symptômes, il faut consulter rapidement son médecin ; il prescrira un traitement anti-inflammatoire, éventuellement des anticoagulants en injections sous-cutanées et posera une bande de contention. Dans leur immense majorité les phlébites superficielles guérissent facilement sous traitement en quelques jours – le risque d’embolie pulmonaire grave est pour la plupart d’entre elles, absent.
Certaines phlébites superficielles rapidement extensives vers les veines profondes ou associées à une phlébite profonde évolutive sont quant à elles dangereuses, mais de survenue beaucoup plus rare.
Quelles sont les complications de la maladie variqueuse à un stade avancé ?
A un stade avancé, la maladie s’étend à l’ensemble des veines de surface des membres inférieurs. Le maintien, au fil des années, d’un reflux continu de sang veineux vers le bas, finit par retentir sur la microcirculation cutanée et sous-cutanée des régions les plus déclives, notamment celles des chevilles.
Le processus de décompensation s’initie quand l’épuration des déchets tissulaires devient insuffisante : les liquides non drainés et en surcharge créent un œdème autour des chevilles. Ce gonflement est d’abord temporaire. Sans correction des anomalies, il devient permanent.
Les canaux lymphatiques sont mis à contribution dès les premiers gonflements. Mais leurs possibilités de suppléance sont vite dépassées.
Quand l’épuration tissulaire cesse d’être effective des déchets et des toxines s’accumulent autour des cellules de la peau et des tissus sous-cutanés qui, très progressivement, vont être asphyxiés et l’objet d’une réaction inflammatoire locale, appelée dermite (au niveau de la peau) ou hypodermite (sous la peau).
Les tissus des pieds et des chevilles les plus menacés, car situés dans les zones les plus déclives, souffrent en priorité. Bientôt des cellules meurent en grande quantité, entraînant l’apparition de taches brunes : c’est le stade de la dermite « ocre ».
Sur ce type de terrain, après un traumatisme même minime, parfois aussi spontanément, une plaie peut apparaître ; c’est l’ulcère variqueux. Il aura du mal à cicatriser en raison du mauvais drainage veineux local. Il peut aussi s’infecter. La survenue de plaques d’eczéma peut accompagner l’évolution à chacune de ces étapes.
En fait la maladie variqueuse évoluée est davantage qu’une maladie vasculaire : c’est une véritable maladie tissulaire.

