L’heure du bilan sur les varices

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A partir de quel âge ou de quel stade consulter ?

L’insuffisance veineuse n’est pas une maladie grave, en ce sens qu’elle n’est pas la source, sauf exception, de complications majeures porteuses d’un risque vital. C’est avant tout une maladie d’inconfort et le seuil de cet inconfort est très variable d’un individu à l’autre. Certains consultent pour quelques discrètes varicosités, d’autres seulement au stade d’ulcère. Entre ces deux extrêmes, tous les cas existent, essentiellement définies par la gêne et les motivations de chacun. Sur le plan médical, il est conseillé de consulter bien avant l’apparition de complications cutanées et si possible dès qu’apparaissent les premiers signes esthétiques ou les premières douleurs. Il est rarement nécessaire de consulter avant l’âge adulte. Cependant, des varices importantes se rencontrent parfois chez de jeunes patient(e)s, dont souvent l’un des parents (ou les deux) est également atteint par la maladie. Ces formes, qui ne concernent qu’une minorité de jeunes, sont même susceptibles, si les circonstances le réclament, d’être opérées dès l’âge de 18 ou 20 ans (avec un excellent résultat à court et long terme).

La consultation comprend en général 3 temps : l’interrogatoire, l’examen clinique et lorsque justifiée, une exploration échodoppler.

Au cours de l’interrogatoire, le médecin répertorie les troubles ressentis par le patient, se renseigne sur ses motivations (c’est-à-dire sur ce qu’il attend de cette consultation ou espère du thérapeute) et identifie d’éventuels facteurs de risque.

L’examen clinique recherche et analyse les signes de la maladie (varicosités, varices visibles, œdème des chevilles, modifications de la peau, ulcère etc…)

L’échodoppler permet à la fois de repérer les veines malades et de déterminer l’étendue de l’insuffisance veineuse. C’est un examen non invasif et indolore (il ne nécessite aucune piqûre). C’est seulement au terme de ce bilan qu’une stratégie thérapeutique pourra être arrêtée.

L’heure du bilan sur les varices

Que voit l’échodoppler ?

Il s’agit d’un double examen parfaitement indolore qui utilise les propriétés des ultrasons pour, d’une part repérer les flux veineux anormaux, d’autre part voir et mesurer le diamètre des veines. La conjonction de ces 2 examens permet d’identifier et de localiser anatomiquement les sources d’alimentation des varices ainsi que de préciser le type d’atteinte veineuse. Un dessin, véritable cartographie du réseau veineux malade, peut alors être établi.

Le doppler

Il détecte par un signal sonore les veines dans lesquelles le sang reflue vers le bas au lieu de monter vers le coeur. En pratique, il consiste à appliquer sur la peau, le long du trajet habituel des veines une sonde ayant la forme d’un stylo. Le son caractéristique du reflux, est amplifié par « le signal doppler », au besoin même enregistré sous forme d’un graphique.

L’échographie

Il permet de voir les veines, d’apprécier leur dilatation (mesure du diamètre), de suivre leur trajet sous la peau et les muscles et de colorer les reflux. Les images sont visibles sur un écran et des photos peuvent être tirées pour documenter le dossier.

echographie marquage preoperatoire veines variqueusesmarquage preoperatoire veine saphene interne

Le reflux sanguin détecté par l’échodoppler peut-il avoir plusieurs origines et la maladie toucher les deux membres inférieurs ?

Curieusement la maladie variqueuse n’est bilatérale qu’une fois sur trois, car si les membres sont symétriques, la façon de s’en servir ne l’est pas.

Neuf fois sur dix ce sont directement ou indirectement les territoires drainés par les veines saphènes qui sont concernés. La saphène interne trois fois plus souvent que la saphène externe.

De surcroît les deux étages (cuisse et jambe-pieds) d’un même membre peuvent être tous deux atteints, d’autant qu’ils communiquent.

D’autres sources d’alimentation de varices existent encore :

les varices périnéales

Chez la femme surtout, notamment chez celle ayant eu une ou plusieurs grossesses. Ces varices viennent du petit bassin et se développent sur la face interne de la cuisse pour leur propre compte.

Les veines perforantes

Si les veines saphènes, principales veines superficielles, rejoignent les veines profondes, l’une derrière le genou, l’autre à l’aine, elles distribuent tout au long de leur trajet des branches qui communiquent avec les veines profondes, formant avec elles un réseau en échelle : les perforantes.

Dans celles-ci, le sang va de la surface vers la profondeur. Ces voies de liaisons sont également susceptibles de devenir variqueuses, le sens du courant sanguin s’inversant alors. Le repérage échodoppler permet de détecter celles qui sont devenues pathologiques et si elles existent, de les traiter concomitamment (elles coexistent avec l’atteinte des saphènes dans 20 à 30 % des cas).

Veine parforanteVeines périneales

Sur quels critères se fait le choix du traitement ?

Le choix du traitement se fait principalement sur 3 critères : le stade de l’insuffisance veineuse, la motivation du patient et les possibilités thérapeutiques.

Stade de la maladie

Entre une approche plutôt médicale lorsque les troubles sont modérés et une tendance plus chirurgicale dans les formes évoluées, tous les cas existent.

La motivation du patient

C’est un élément majeur du choix thérapeutique, car il s’agit d’une maladie le plus souvent bénigne, dont le premier objectif est de réduire l’inconfort personnel, fonctionnel ou esthétique. Conséquence : si le médecin est plutôt directif dans les formes évoluées, ailleurs, il doit composer avec les motivations de chacun.

Il doit aussi tenir compte des complications potentielles de chaque technique et des possibilités thérapeutiques dont il dispose. En vérité ces dernières dépendent peu des infrastructures et beaucoup des méthodes habituellement pratiquées par telle ou telle équipe soignante.

Au total, il n’y a pas dans cette maladie de stratégie stéréotypée.

Equipe Dr Gorny
  • Mme Clothilde WAGNER
    assistante anesthésiste
  • Dr Philippe GORNY
    chirurgien cardiovasculaire
  • Dr Stéphane SEROR
    anesthésiste

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