La contention veineuse : efficacité et conseils pratiques

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Les bas à varices ont-ils une réelle efficacité ?

Sur le plan prévention rien n’est plus efficace que des bas à varices bien utilisés, ce qu’on nomme « contention » … pour autant que l’essentiel des troubles ait été au préalable correctement traité. La cure des varices, si elle est justifiée, précède alors la prévention. En l’absence de troubles avérés, mais sur un terrain à risque (grossesse, profession exposée, terrain familiale) la contention peut à elle seule limiter, voire stopper le risque d’une décompensation veineuse. Elle est alors utilisable en première intention.

Questions souvent entendues : Suis-je condamné(e) à porter des bas toute ma vie, tous les jours de l’année, du matin au soir, y compris l’été et les jours fériés ? Personne ne peut suivre un tel régime qui pêche par son excès. L’élastique destiné à assurer le maintien du bas, n’est-il pas  « coupe-circulation  » ? Les bas exercent leurs bienfaits sur toute la hauteur du membre qu’ils sont sensés contenir et un point de compression particulier n’est pas suffisant pour annuler l’effet global induit, ni même nuire ponctuellement au retour veineux. Ignorez la marque cutanée que laissera pendant quelques minutes, à tel ou tel endroit sur votre peau, le bas lorsque vous le retirez ! Les bas doivent-ils être enfilés dès que l’on pose le pied par terre le matin ? Ce terrorisme médical n’a aucun sens et pourtant nombreux sont les patients qui rapportent avoir été conseillés de la sorte… Oubliez donc toutes ces recommandations stupides qui ignorent la physiologie veineuse et son fonctionnement ce que décrivent les questions suivantes.

contention veineuse

Comment utiliser les bas à bon escient : la contention intelligente !

C’est celle qui, selon nos activités, tient compte de la physiologie veineuse. Elle devient alors la meilleure arme préventive. Les messages à retenir sont les suivants :

  • Les bas sont inutiles à l’horizontal car la gravité ne joue pas, les jambes sont à la même hauteur que le cœur ou presque. En clair le sang remonte tout seul vers la pompe cardiaque. Conséquence, dans un lit, au bord d’une plage ou d’une piscine, étendu(e) dans l’herbe grasse avec un bon bouquin ou dans une chaise longue, nos veines ne souffrent pas et le port de bas à l’horizontal n’apporte rien. Et quid si on les porte alors.. et qu’on s’endort ? Ils ne nuisent aucunement.
  • Les bas sont également inutiles dès que les membres inférieurs s’activent (gym, marche, vélo, sport quel qu’il soit), même de manière modérée (voir Q 32), car la circulation veineuse est alors optimale. Cela n’empêche pas certaines enseignes commerciales de proposer pour certains sports réclamant des démarrages soudains (tennis par exemple) ou chez lesquels les fibres musculaires sont sollicitées de façon prolongée (longues courses de fond), des bas de contention : s’il s’agit de protéger les muscles d’un traumatisme lié à l’effort (contracture, déchirure) la proposition est compréhensible. Si le but est d’aider le retour veineux au cœur, elle n’a pas de sens !
  • Les bas sont en revanche utiles, en cas d’immobilité ou de presque-immobilité prolongée (position assise, piétinement ou les deux combinés), car alors le seul moteur qui fonctionne pour le retour veineux au coeur est le diaphragme : c’est uniquement dans cette situation chez les personnes à terrain ou risque variqueux qu’une décompensation veineuse génératrice de varices et/ou de varicosités peut survenir. La contention qui est un système anti-reflux de sang vers le bas et qui favorise la circulation veineuse dans le bon sens, empêche et prévient cet événement.
  • Mais qu’est-ce donc que l’immobilité ou la presque-immobilité prolongée ? Ce n’est pas 1H ou 2H assis ou debout à piétiner. C’est 4H ou plus (une demi-journée) au travail (professions exposées notamment dans la restauration, l’hôtellerie, l’enseignement, mais aussi travail de bureau), ou autrement (voyage, visite de musée, piétinement dans les grands magasins, etc.).
  • L’important est de protéger par la contention la jambe, car une fois le genou passé (et en l’absence d’une compression vasculaire haute par une tumeur du pelvis par exemple), la montée du sang veineux vers le cœur, du fait des puissants mécanismes d’aspiration thoraco-abdominale expliqués plus haut, est rapide et facile.
  • Que demande-t-on aux bas ? De faire pour les veines de surface (dites aussi superficielles) ce que les muscles des membres inférieurs font pour les veines profondes, lesquelles ne connaissent pas la maladie variqueuse, car lesdits muscles font office à leur endroit de contention naturelle. Si les humains étaient dotés d’une couche musculaire supplémentaire juste sous la peau, ils n’auraient jamais de varices ! Les bas créent artificiellement cette couche manquante et reproduisent en surface ce que les muscles font en profondeur : ils appliquent sur la peau une pression moyenne d’environ 25 à 30 mm Hg, parfois davantage. Elle est suffisante pour que le sang aille des veines sous-cutanées vers les veines profondes, ce qui est le sens de la circulation veineuse normale et n’aille pas en sens inverse (reflux) comme dans les veines variqueuses. Voilà pourquoi les bas sont un système anti-reflux très efficace sur le plan préventif.

La bonne méthode pour une contention intelligente chez les personnes à risque d’insuffisance veineuse : ce n’est pas l’utilisation aveugle, systématique, permanente et disons-le peu réfléchie des bas, mais le contraire. C’est à la lumière de ce qui précède une seule question à se poser chaque jour au lever : quel est mon programme aujourd’hui ? Ais-je beaucoup d’immobilité prolongée ou non ? La réponse indique la stratégie à suivre. Ainsi devient-on au gré des évènements à venir, qui peuvent le plus souvent être anticipés (long voyage, piétinement dans les grands magasins, profession exposée etc.), la meilleure prescriptrice et le meilleur prescripteur pour soi-même. En bref son propre médecin. Une fois passée la phase d’immobilité prolongée on peut revenir à une situation normale, à l’usage de bas ou chaussettes standards ou au port de rien du tout.

Note : L’été, à la chaleur, les bas sont peu supportables. Ne les mettre alors que pour le trajet vacances aller et retour, mais pas pendant celles-ci car la durée d’immobilité prolongée est alors le plus souvent contrôlable sans bas (prendre le temps de faire une pause jambes en l’air ou de se mettre à l’horizontal).

Où acheter les bas ? Préférer les magasins d’orthopédie aux pharmacies !

  • Évitez d’aller chez votre pharmacien habituel muni de la prescription de votre médecin pour choisir vos bas ou chaussettes. Rares sont ceux qui disposent de cabines d’essayage dignes de ce nom. Le choix est souvent limité à deux ou trois marques. Le pharmacien trés souvent répète ce que le commercial lui a dit, mais n’a pas de réelle compétence dans ce domaine. Ne croyez pas que le fait de prendre vos mesures suffise à garantir le bon choix : cela ne garantit pas le confort. Ne sélectionnez pas non plus les bas vous-même sur l’étiquette comme vos bas ou chaussettes de ville ! Du fait d’une pression dégressive allant du pied vers le haut ils n’ont rien à voir avec ces derniers. Les exemples d’achats inappropriés en pharmacie sont un grand classique qui incite à rejeter le port des bas.
  • La contention, il faut le savoir, ne suscite pas d’avis mitigés : ou on la déteste et on ne veut plus en entendre parler …ou on est demandeur tant le sentiment d’être soutenu(e), de ne plus en avoir « plein les bottes » en fin de journée, est appréciable et apprécié. Il est donc impératif de réussir le mariage du produit et du membre. Pour cela il n’y a pas 36 façons de procéder : il faut les essayer en prenant le temps qu’il faut. Les bas s’achètent comme on achète des chaussures.
  • Les maisons d’orthopédie, partout en France, sont souvent mieux équipées pour cela que les pharmacies : elles ont par obligation légale des cabines d’essayage généralement absentes des pharmacies, un large choix de produits, une vraie compétence en la matière et sont attachées à la notion de service.
  • A Paris, 3 bonnes adresses :
    • Zola orthopédie, 103 av. Émile Zola, Paris 15e (Tel : 01.45.79.08.07)
    • LeDos, 21 Bd Saint-Martin, 75003 Paris (Tel : 01 42 72 72 11) et 114 Bd Arago, 75014 Paris (Tel : 01 43 26 43 91)
    • Meyrignac, 229 rue St Honoré, Paris 75001 (Tel : 01.42.60.63.92, fermé le samedi)

Informations utiles sur les bas de contention

  • Ils sont légèrement plus épais que les bas de ville. Il faut l’accepter car « l’effet médical est autant dans la hauteur que dans l’épaisseur ».
  • Outre les couleurs traditionnelles (noir, gris, blanc, beige, bordeaux, bleu marine) les bas peuvent être semi-opaques mais désormais aussi pour les dames, transparents comme les bas normaux avec des fantaisies si elles le souhaitent. Pour les hommes mieux vaut ne pas compter sur la chaussette style écossais, mais on trouve des chaussettes côtelées de toutes couleurs (par exemple chez Sigvaris ou Varisma gamme « Legger ») très proches de l’aspect des chaussettes de ville (Radiante Coolmax utilise une fibre creuse ultra légère mise au point chez Dupont de Nemours).
  • Sur le plan hauteur, le minimum indispensable est le mi-bas c-a-d la chaussette, car c’est à la jambe que l’effet médical est le plus essentiel.
  • La texture joue beaucoup dans la facilité d’enfilage. On oppose les textures naturelles, comme le jersey que propose Radiante ou le coton d’Égypte que proposent Sigvaris ou Varisma , aux textures synthétiques , nommées  » microfibres , que vendent absolument toutes les marques. Les naturelles, sont très agréables sur la peau, confortables mais il faut le reconnaître un peu dures à enfiler. Les synthétiques, pour autant que la peau n’y soit pas allergique, sont plus souples, plus élastiques et de maniement plus facile. Outre cet avantage, elles seraient un peu plus  » mode  » et ont la préférence de la plupart des patient(e)s. Des bas dits « mixtes « , mélangeant les deux textures, naturelle et synthétique, sont également disponibles.
  • Autre point : la force de contention. Résumons : pour les personnes de nature variqueuse, trois classes de bas existent. La classe 3 est indiquée dans les formes évoluées (ulcères, hypodermites sévères etc.). Fort heureusement, cela ne concerne qu’un tout petit nombre de sujets. La classe 2, concerne l’immense majorité des personnes ayant des varices ou ayant été traitées pour cela (pression appliquée sur la peau = 20 à 30 mm de mercure). La classe 1 (pression appliquée sur la peau = environ 10 à 12 mm de mercure) peut convenir à celles et ceux ayant quelques varicosités débutantes.
  • En dessous des classes, il y a ce que l’on nomme les bas de  » maintien ou anti-fatigue ». Ces produits peuvent s’acheter sans prescription médicale. Ils sont étiquetés à 40, 60, 70 ou 140 deniers. Les deniers définissent une force (140 deniers est la contention la plus forte) ; ils sont aussi esthétiques que les bas de ville et proposés par toutes les marques commerciales connues (Dim /Feeling, etc..) Les  » anti-fatigue  » sont destinés aux femmes qui n’ont jamais eu de varices et ne veulent pas en avoir. Leur objectif est d’agir préventivement, avant que la maladie ne se déclare.

Recommandations pratiques pour l’achat des bas de contention et leur entretien

  • Le jour de l’achat : savoir qu’on peut être à la fois maintenu, serré et parfaitement confortable. Pour bien choisir il est impératif d’essayer les bas comme on le fait avec des chaussures. Les prises de mesure sont souvent source d’erreurs. Essayer plusieurs marques car il n’y a pas deux pieds et deux jambes pareilles sur terre et il y a peut-être une marque que vous ne connaissez pas et qui est faite pour vous. Qui ne cherche pas ne trouve pas !

    Points clés : marcher avec le bas et s’assurer qu’il ne crée aucune gêne, s’asseoir avec pour vérifier que les plis tombent bien, vérifier que les coutures sont extra-plates, apprécier la difficulté d’enfilage qui ne doit pas être extrême, s’assurer que les doigts de pieds ne sont pas serrés comme des sardines dans une boite de conserve (la contention doit s’exercer à partir du cou-de-pied et non à partir des orteils)

  • La chaussette, à condition d’être en pantalon, suffit (attention il ne faut pas que l’élastique tombe dans le pli du genou car cela est irritant mais dans la zone plus rembourrée deux ou trois travers de doigt en-dessous). Les mi-bas cuisse ou les collants ne valent que pour les dames, quand elles portent une robe, pour des raisons de pure élégance, car ils n’ajoutent aucune protection supplémentaire.
  • Préférer chez soi mettre les bas sur le lit, dos en bas, jambes en l’air, plutôt qu’assis sur une chaise avec le risque de se coincer le dos.
  • Mettre au besoin des gants de cuisine pour ne pas les abimer avec les ongles s’ils sont longs.
  • Les laver à la main ou en machine dans un filet. Éviter les assouplissants qui les abîment.
Equipe Dr Gorny
  • Mme Clothilde WAGNER
    assistante anesthésiste
  • Dr Philippe GORNY
    chirurgien cardiovasculaire
  • Dr Stéphane SEROR
    anesthésiste

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